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Australiens en Europe : pourquoi ils voyagent autant et comment les séduire ?

Malgré 20 heures de vol et des escales perturbées, les Australiens et les Néo-Zélandais n'ont jamais autant voyagé en Europe. Emma Prineas (Linkd Tourism) explique ce qui les pousse à partir et comment les séduire : être la prochaine destination à découvrir, et leur parler d'égal à égal.

Cette semaine, nous vous invitons à rencontrer Emma Prineas, directrice générale Marketing et Relations publiques de Linkd Tourism, nouveau partenaire du Travel Lifestyle Network en Australie et en Nouvelle-Zélande.

GroupExpression : Présentez-nous Linkd Tourism et votre rôle au sein de l’agence

Emma Prineas : Linkd Tourism est une agence de représentation couvrant l’ensemble de la chaîne : relations presse, marketing et représentation commerciale, au service des marques du tourisme qui veulent toucher les voyageurs australiens et néo-zélandais.

En 2026, l’agence fête ses 40 ans. Elle doit cette longévité à une compréhension fine des attentes de ses clients et de l’environnement du secteur du voyage, en Australie comme en Nouvelle-Zélande. Pour la suite, nous nous réjouissons des perspectives qu’ouvrent l’élargissement de nos services et de notre portefeuille de clients, et nous restons mobilisés pour leur offrir des résultats de premier plan.

Au fil de son histoire, Linkd Tourism a représenté plus de 60 partenaires dans le monde. Parmi nos principaux clients sous mandat figurent aujourd’hui, entre autres, le Colorado Tourism Office, le Hong Kong Tourism Board, la Kyushu Tourism Organisation, le New York State Office of Tourism, Okinawa Tourism, Swan Hellenic Cruises et le State of Washington Tourism, auxquels s’ajoutent des clients accompagnés sur des projets ponctuels.

En tant que directrice générale Marketing et Relations publiques, je dirige les équipes opérationnelles chargées de la communication et du marketing, et je pilote, avec notre équipe commerciale, la stratégie et l’amélioration continue de nos process.

www.linkdtourism.com

GE : Les Australiens et les Néo-Zélandais n’ont jamais autant voyagé en Europe qu’aujourd’hui, malgré la hausse des prix des billets d’avion et les perturbations des escales au Moyen-Orient. Qu’est-ce qui pousse ces voyageurs à accepter un vol de 20 heures, et comment une destination ou une marque européenne peut-elle se démarquer auprès d’eux ?

EP : Plusieurs facteurs conjugués expliquent les volumes d’arrivées très élevés que vous observez en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Notre secteur illustre ce que l’on appelle désormais la « résilience du voyage ».

En Australie, la génération des baby-boomers a pris sa retraite avec un patrimoine important et disponible, et elle ne se prive pas de le dépenser. La forte hausse de l’immobilier en Australie, et le fait que ce soit la première génération australienne à avoir vraiment préparé sa retraite, la mettent largement à l’abri de l’inflation. De leur côté, la génération Z et les millennials disent vouloir profiter de l’instant présent plutôt que de reporter leurs voyages à un moment où les prix seront encore plus élevés.

Les voyageurs ont conscience des tensions géopolitiques, mais ils se contentent de contourner les zones de conflit : ils sont très nombreux à transiter par l’Asie. Cela tient en partie à la mentalité australienne. La notion de résilience, de dépassement de soi, est ancrée dans notre conscience collective. Que ce soit encore vrai aujourd’hui ou non, elle nous vient des premiers récits de la colonie pénitentiaire. Les Australiens et les Néo-Zélandais sont habitués à ce que le voyage soit long et éprouvant, et pourtant extrêmement gratifiant et absolument incontournable. La plupart des gens se considèrent encore comme des voyageurs. Partir est un rite de passage quand on vit si loin de… eh bien, de tout.

Les voyageurs australiens et néo-zélandais vont continuer à se rendre en masse en Europe et à explorer toujours plus loin : l’Albanie et le Péloponnèse font partie des destinations qui devraient connaître un fort essor. Comment une destination peut-elle se démarquer auprès d’eux ? En s’imposant comme « la prochaine destination à découvrir » avant que tout le monde ne s’y précipite. Les Australiens aiment se voir comme des individus à part et se méfient des effets de mode et du suivisme. Alors affirmez clairement votre identité, proposez des itinéraires méconnus, montrez à quel point la destination est préservée, et nous viendrons.

GE : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux professionnels européens du tourisme qui veulent conquérir les marchés australien et néo-zélandais ?

EP : En tant qu’Australiens, nous nous voyons comme des acteurs de premier plan sur la scène mondiale, que ce soit justifié ou, soyons honnêtes, pas vraiment. Nous n’aimons pas qu’on nous rappelle que, géopolitiquement, nous jouons un rôle secondaire, et votre communication doit en tenir compte lorsqu’elle est déployée sur notre marché. Nous nous considérons comme culturellement différents des publics américain, britannique et canadien, mais on s’adresse parfois à nous de la même façon : c’est une stratégie vouée à l’échec.

Quand vous parlez aux voyageurs australiens et néo-zélandais, parlez-leur toujours d’égal à égal. Adoptez un ton simple et décontracté, et jouez cartes sur table : ils savent qu’on leur fait de la publicité, et vous le savez aussi.

Ces publics ne se laissent pas séduire par les grands discours. Ils recherchent l’authenticité et apprécient les médias qui leur donnent le sentiment d’être écoutés. Allez chercher votre public dans des médias de niche, parlez-lui avec respect, comme à des gens qui savent qui ils sont, parce que c’est le cas, et ils seront conquis.

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